Biographie d’Esther Akriche-Sissa

 

Esther Akriche 36 x 48 mm bis

Esther AKRICHE, née SISSA

Née le 14 novembre 1907 à Constantinople (Turquie)
Père : Salomon Sisa dit Sissa
Mère : Luna Florès
Mariée à Michel Akriche, commerçant en tissus
Domicile : 71 rue du Palais, Les Sables d’Olonne
Enfants : Jacques, Micheline, Josette
Décédée à Auschwitz le 23 septembre 1942

Esther Sisa est une enfant turque de Constantinople, dont les parents, suite aux persécutions subies dans leur pays, immigrent en France, en juillet 1913. La famille s’installe à Gennevilliers. Son père, Salomon, confectionne des fournitures pour les tailleurs. Les enfants sont rapidement naturalisés français. Esther, après des études de comptable, se marie avec Michel Akriche, commerçant en tissus et le couple s’installe aux Sables d’Olonne, 71 rue du Palais, où ils tiennent un magasin de textiles.

Comme les Sissa, les Akriche – David, Perla, Zelda, Moïse, et Michel- ont, en 1920, fui la Turquie. Leur père étant décédé en Turquie, leur mère, Vida, les rejoint avec Léon. Elle habite chez Esther et Michel et participe à l’éducation de ses petits enfants Jaques, Micheline et Josette. Perla et son mari Léon Gattegno habitent 13 rue des Halles aux Sables d’Olonne. Elle tient un magasin rue du Palais. Zelda, infirmière, habite à proximité, au 13 bis de la rue Travot. Pendant l’occupation, les lois antijuives sont promulguées par le gouvernement de Vichy dès juillet 1940.Celle du 8 juillet 1942 stipule que les Juifs ne peuvent faire leurs achats en ville qu’entre 15 et 16 heures. Or, ce vendredi 8 août 1942, Esther a besoin de lait pour Josette. Elle se croit protégée car elle a soigné un officier allemand qui avait eu un malaise devant son magasin. Mais elle est victime d’une dénonciation et cet officier allemand est absent ce jour. Esther est donc arrêtée ce 8 août et transférée au camp de Jargeau près de Poitiers, vêtue seulement d’une robe d’été. Zelda, sa belle-sœur, se rend à Jargeau pour lui apporter des vêtements. Mais elle est arrêtée à son tour, comme juive. Michel, le mari d’Esther, écrit une lettre suppliante au préfet de la Vendée, Gaston Jammet. Rien n’y fait. Esther et Zelda sont dirigées sur Drancy, puis déportées à Auschwitz par le convoi n° 34, le 18 septembre 1942, pour y être exterminées.
Perla et son mari Léon Gattegno, juif grec, sont également déportés à Auschwitz, le 23 septembre, par le convoi n°36 et aussitôt gazés.
Le nom d’Esther Akriche, ainsi que ceux de Perla et Léon Gattegno sont inscrits au Monument aux Morts des Sables d’Olonne ainsi qu’au Mémorial de la Shoah à Paris.
Le neveu de Perla, Claude, lycéen de 17 ans, fils unique de Moïse et d’Yvonne Laidet, arrêté avec son père, début 1944, à La Roche-sur-Yon. Eux aussi sont déportés à Auschwitz, par le convoi n° 68 et Claude est gazé. Auparavant en 1942, la sœur de Vida, Esther Behar, et sa fille Rebecca étaient arrêtées à La Roche-sur-Yon, déportées le 20 juillet 1942 par le convoi n°8 et exterminées.Pendant cette période, Micheline est cachée avec son frère Jacques à Treize-Vents chez Mr et Mme Bertault jusqu’à l’arrestation de leur mère. Puisleur grand-mère Vida Akriche, née Behar,les rejoint avec Josette. Leur père, Michel Akriche,part avec Jacques se réfugier à Paris, puis chez des amis catholiques, Mr et Mme Lieberg, à Saint-André-les Vergers.
Pour Micheline, les caches se succèdent : d’abord à Courbevoie chez Mr et Mme Cazari, puis à Carrières sur Seine, ensuite à Ste Savine, près de Troyes chez Mr et Mme Moutard, et enfin en internat dans une école religieuse de cette ville.
A la fin de la guerre, Vida réussira à réunir les trois enfants à la Roche-sur-Yon. Micheline et Josette habiteront un temps chez Yvonne Akriche, la femme de Moïse.Enfin en 1945, Michel, ses enfants et leur grand-mère Vida pourront réintégrer leur maison des Sables, occupée par les Allemands.
Puis ce sera la réouverture du magasin 71 rue du Palais. Et ensuite celui du 11 rue de l’Hôtel de Ville tenu par Jacques

 

 

Esther panneau